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Philippe Marquis annonce sa retraite du ski acrobatique

11 mar., 2019

Québec, le 11 mars 2019– C’était un secret de polichinelle. Après plus d’une décennie sur l’équipe nationale de bosses, Philippe Marquis a officiellement tiré sa révérence au terme de la saison 2018/2019. Le bosseur de Québec qui aura 30 ans le 9 mai prochain pourra le faire avec la fierté du devoir accompli, après avoir connu une carrière fructueuse dans son ensemble et vécu un retour sur les pentes fort convaincant au cours des deux derniers mois.

« À 29 ans, je suis présentement l’athlète le plus vieux sur le circuit de la Coupe du monde », a fait remarquer Marquis. « J’ai fait partie de l’équipe canadienne pendant 12 ans, j’ai vu trois générations d’athlètes passer et j’ai pu vivre et aspirer à vivre les plus grands événements et les plus grands honneurs de mon sport. La dernière année a été parsemée de défis et je commence à m’essouffler. »

« Je ne suis pas prêt à prendre les mêmes risques qu’avant, et bien que j’aie encore un plaisir fou à côtoyer cette belle famille du ski acrobatique un peu partout dans le monde, ma soif de compétition est satisfaite. Mon retour sur les pentes, cet hiver, m’a procuré la paix d’esprit que je recherchais et l’heure est venue de tirer ma révérence. »

Marquis prend sa retraite à la suite d’un dernier tour de piste couronné de succès, qu’il aura pu vivre à force d’une remarquable détermination.

Victime d’une grave blessure au genou droit à l’entraînement lors de la Coupe du monde de Deer Valley, à environ un mois des Jeux olympiques de 2018, il a décidé de reporter l’opération à plus tard afin de pouvoir se rendre en Corée du Sud et participer à ses deuxièmes Jeux en carrière. La chirurgie afin de réparer le ligament croisé antérieur du genou droit a suivi le 28 février 2018, chirurgie qui l’aura forcé à passer par plusieurs mois de réadaptation.

Marquis a renoué avec le circuit de la Coupe du monde le 12 janvier dernier à Calgary. Après 10 mois à l’écart de la compétition, il a raté de peu la qualification pour les rondes finales, finissant 18e. Il a ensuite terminé parmi les 10 premiers à chacune de ses courses suivantes, séquence ponctuée d’une médaille d’argent lors de l’étape de Tazawako, au Japon, le 23 février.

L’athlète natif de Québec a par ailleurs réussi le tour de force de terminer sixième de l’épreuve des bosses des Championnats du monde de ski acrobatique de la FIS 2019, le 8 février à Deer Valley, à l’endroit même où il avait subi sa blessure. Cette sixième place égalait son meilleur classement à vie à des Mondiaux lors d’une épreuve des bosses en simple, lui qui avait fini à ce même rang en 2015.

« Cette sixième place avait un goût de victoire », a indiqué Marquis, qui a pris part à cinq Championnats du monde en carrière. « J’ai eu l’impression d’avoir eu ma revanche sur l’endroit où je m’étais blessé un an auparavant. J’ai ressenti un incroyable sentiment d’accomplissement. »

Les premiers JO, le triplé aux Mondiaux

Les deux derniers mois auront donc servi de formidable point d’exclamation à une carrière qui, dans l’ensemble, aura été ponctuée de nombreux moments forts pour Philippe Marquis.

Marquis a décroché 13 médailles en carrière sur le circuit de la Coupe du monde, dont deux d’or, après y avoir fait ses débuts en janvier 2008. Il l’a emporté le 9 mars 2012 à Are, en Suède, aux bosses en simple, et le 13 décembre 2014 à Ruka, en Finlande, aux bosses en parallèle.

Il aura par ailleurs vécu un moment inédit dans l’histoire du ski acrobatique canadien quand il a fait partie d’un balayage du podium lors de l’épreuve des bosses en parallèle des Championnats du monde à Kreischberg, en Autriche, le 19 janvier 2015. Marquis a alors raflé la médaille d’argent, pour se retrouver sur le podium en compagnie de son coéquipier et ami Mikaël Kingsbury, le vainqueur, et Marc-Antoine Gagnon, qui a mis la main sur le bronze.

Marquis a également ressenti un grand sentiment de fierté quand il a fini neuvième aux Jeux olympique 2014 à Sotchi, quatre ans après avoir vu son frère aîné Vincent terminer quatrième aux Jeux de 2010 à Vancouver.

« Après avoir vu Vincent, mon frère et mentor, aux Jeux de Vancouver, j’ai voulu poursuivre la tradition familiale au plus haut niveau », a indiqué Philippe Marquis. « Ma présence aux Jeux de Sotchi a été l’un de mes moments les plus mémorables pour cette raison, mais aussi parce que je croyais au début que j’allais les rater. J’avais terminé huitième en qualification olympique alors qu’il aurait fallu que je termine parmi les sept premiers, et c’est après qu’un athlète qualifié se soit blessé que j’ai obtenu ma place. Le fait de me retrouver ensuite en Russie avec Mikaël Kingsbury, Marc-Antoine Gagnon et Alex Bilodeau a été une sensation extraordinaire. »

« À mes yeux, la carrière de Philippe va bien au-delà de ses exploits sportifs », a déclaré Vincent Marquis, médaillé de bronze aux Championnats du monde en 2009 et quatrième aux Jeux olympiques de Vancouver. « Il a été un modèle de résilience et de courage. Il a toujours pris le temps de s’impliquer dans la communauté et dans les causes qui lui tiennent à coeur. Il laisse un héritage riche qui inspirera les générations futures d’athlètes dans notre sport. Il est une fierté pour moi, sa famille et la communauté sportive de Québec. »

Pour son coéquipier de longue date et ami Mikaël Kingsbury, Philippe Marquis incarne à merveille la détermination et la persévérance. « Je me souviens d’avoir vu Philippe skier pour la première fois quand j’avais 8 ans, j’avais l’impression que c’était lui qui allait le plus haut », a indiqué Mikaël Kingsbury. « C’est pourquoi ç’avait été un honneur de l’avoir comme coéquipier à mes débuts avec l’équipe canadienne. En 10 ans ensemble avec l’équipe, on a vécu plusieurs bons moments ensemble, des podiums – en doublé, en triplé même avec Marc-Antoine. Je l’ai vu aussi dans ses moments difficiles, quand il est revenu de ses blessures – à l’épaule, au genou l’an dernier – aussi fort, sinon plus… Pour moi, Philippe, c’est un modèle de persévérance. C’est aussi un coéquipier modèle parce qu’il mettait toujours de l’ambiance dans le groupe, même quand ça allait moins bien pour lui, comme aux Jeux de 2018. Et c’est aussi le seul qui peut me ramener à l’ordre quand j’en ai besoin! »

« En Philippe, je me suis fait un ami pour la vie. Tous ces moments passés ensemble sur les pentes, toutes ces histoires qu’on va pouvoir se raconter. Philippe, c’est aussi un exemple à suivre pour moi en raison de la façon dont il se comporte avec les gens en général. »

Rob Kober a été l’entraîneur de Philippe Marquis dès son arrivée au sein de l’équipe nationale : « Phil s'est joint à l'équipe canadienne comme recrue au début d'une époque où le Canada a dominé le ski masculin de bosses. De 2007 à 2010, Phil a eu l'occasion de faire partie de l'équipe avec son frère aîné Vincent qui, avec PA Rousseau, Alex Bilodeau, Maxime Gingras et de nombreux autres vétérans formaient l’une des meilleures équipes de notre sport à l’amorce des Jeux de Vancouver », explique Kober. « Lorsque les vétérans ont pris leur retraite, Phil a pris la relève et a assumé le rôle de capitaine non officiel de l'équipe mieux que personne ne l'avait fait auparavant ou ne le fera probablement jamais. Au cours de sa carrière, il a fait preuve de persévérance; il a su se remettre de multiples dislocations de l'épaule et de deux chirurgies de l'épaule en plus d’une déchirure dévastatrice du LCA un mois avant les Jeux olympiques 2018. Il a servi à tous une leçon de persévérance et de positivisme. »

Rob Kober ajoute : « Phil a défini la norme en matière de constance à l’entraînement, d'effort et de concentration au quotidien, à l'année longue. Il a fait preuve de persévérance, de résistance physique et mentale en plus d'une technique de très haut niveau. Il a non seulement livré avec ses propres résultats, mais il a aussi stimulé la performance de chacun de ses coéquipiers. Il va nous manquer. »

La suite

Philippe Marquis accroche ses skis, mais il continuera de s’impliquer dans le monde du sport canadien, notamment dans son rôle au sein de la Commission des athlètes du COC et aussi comme entraîneur. Il continuera par ailleurs de s’engager auprès de mouvements qui font la promotion du sport et d’une vie active chez les jeunes, soit Motivaction Jeunesse, Actif pour la vie et Right to Play Canada.

Il prévoit également terminer son baccalauréat en administration à la TELUQ et compte maintenant faire carrière dans le monde des médias.

« J’aimerais remercier la grande famille de Freestyle Canada pour son soutien sans réserve », a affirmé Marquis. « Merci à mes parents, ma famille et mes amis pour leur présence et leur écoute, dans les hauts comme dans les bas. Merci à mes coéquipiers, à qui je dois un immense respect, qui sont des athlètes extraordinaires et qui m’ont poussé tous les jours à aspirer au plus haut niveau. Et merci aux médias, qui ont fait résonner ce que je vivais et dont la présence a été un tremplin pour de nombreux projets. »

 

 

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